|
|
Christiane
Infantes, une femme, un peintre.
L'un ne le dispute en rien à l'autre, dans le double
engagement vital de ce parcours nécessaire.
Frèle d'apparence, secrète,
discrète et réservée, ses yeux noirs profonds ne livrent
rien de ce monde, son monde. Douée d'une formidable énergie
créatrice cette artiste travaille indifféremment de jour comme
de nuit, selon son instinct et ses pulsions profondes.
La démarche de Christiane Infantes s'inscrit en permanence dans un
rigoureux rituel: d'abord elle mentalise son projet, puis le murit avant de
l'esquisser à grands traits. Ces prémices accomplis l'induisent
vers une savante alchimie des couleurs qu'elle prépare elle-même.
Le "rose infantes" en est le fruit.
C'est alors et alors seulement qu'elle "attaque", abordant au couteau ou à
la truelle cette oeuvre en devenir. Elle écrase les couleurs qui s'appellent
en strates successives superposées, s'interfèrent parfois, dévoilant
de voluptueuses sous-couches tandis que naissent entrelacs et arabesques.
Le peintre procède de façon
thématique, répétitive et sérielle, ce qui engendre
une écriture légèrement mouvante.
Des copies perforées recouvertes
de devoirs d'écolier, agencées en polyptiques, aux nappes en
papier cloqué, du kraft au support plastique aux toiles libres, elle
assimile toute sorte de matériaux. Elle travaille au sol et se promène
sur sa toile sans obligation sémantique. De ses premiers drippings
aux acryls-truelle, de la série des antropomorphes aux robotix, Christiane
Infantes nous entraine véritablement dans les entrailles de la peinture,
un lieu étrange et magique où l'artiste se dévoile dans
le secret de son atelier.
Maité Boyer
Mai 1997 |
|
|
|
Christiane Infantes ou "la peinture à bras-le-corps".
Il y a dans l'oeuvre peint de Christiane Infantes une "urgence",
celle de la peinture. Cette urgence quasi "pulsionnelle" se structure et s'organise
en plages colorées. L'idée qui la sous-tend s'affirme, "se discerne"
par un trait noir que rythme des contre-chants blancs, tandis que des fonds
mouvants de couleurs en fusion palpitent.
Le Peintre se collette avec "l'Ange", et, dans ce combat singulier, c'est
la peinture qui l'emporte. La matière picturale s'enrichit dans un
crescendo de puissants accords chromatiques, alors que l'artiste, dépossédée
d'une part d'elle-même, nous livre sur la toile un corps pantelant et
transfiguré, le "Corps" de la peinture.
Chouky Garrigues
Février 2002 |
|